(Réalisé sans trucage avec un Q.I de français moyen)
Alors, depuis le premier article « faut bien
commencer », je ne savais rien du devenir de ce journal intime on line version Web2.0 ouvert 24h/24 de père en fils depuis 2007. Presque deux ans que j'écris mes élucubrations de comptoir. Ce
qui est intéressant, c'est que chemin faisant, je glisse de la gauche « Ouais s'tu veux la guerre c'est mal tu vois » en passant malgré moi - je vous jure que j'y suis pour
rien - par une liste qui se présente aux municipales de Puteaux, au départ sans étiquette plutôt bobo et qui finit MoDem-catho et Verts, pour découvrir, honteux et confus, que je serais plus
communiste que je ne le croyais... Ceci contribue certainement à me faire embarquer et naviguer en solo sur ce frêle esquif cahotant, la grange batelière qu'est ce blog d'après Hugo finit en
enfer. Donc : la gauche anti-capitaliste. (Des fois j'me dis que je suis un vrai poète, penseur libre incompris, puis mon réveil sonne et il faut aller gagner sa peine). Je faisais, comme
Jourdain avec sa prose, du Menchévisme sans le savoir. Pourtant j'ai bien failli adhérer à « égalité et réconciliation » qui a même publié une de mes notes sur Alain Soral, il y a un
moment de cela. Cette note reste le best-reader de ce blog, d'ailleurs : merci Alain.
Il ne s'agissait pas d'une note à la gloire de l'essayiste, mais d'un portrait « humoristique » sur la
rhétorique et les dogmes soraliens, comme on le dit. Comme John Coltrane ou Charlie Parker qui improvise sur un standard de jazz. Et puis c'est cette idée de réconciliation qui me taraudait.
Réconciliation avec qui ? Avec quoi ? Il fallait creuser. Le nationalisme n'est pas l'apanage de la droite, il change de tendance. Gauche nationale, droite nationale. Ce n'est peut être pas de
cette réconciliation-là qu'on parle. Gauche du travail, droite des valeurs ! Pourquoi pas ? Mais pourquoi pas l'inverse ? Gauche des valeurs, droite du travail ?
Le nationalisme et l'internationalisme pourraient être voisins. L'un s'étendant vers l'autre. Et puis le
plurinationalisme ce n'est pas l'internationalime. Voyez plutot. Les Camerounais : ce sont les Camerounais. Les Français ce sont les Français ! Ce n'est plus le gimmick des années 80
: les noirs et les arabes : rentrez chez vous ! C'est plutôt aujourd'hui, les noirs et les arabes : aimez votre pays, sous-entendu, comme nous les Français, quoi ! Donc les immigrés
seraient de mauvais nationalistes d'où un doute sur le fait qu'en France il soient de bons Français. Tordu l'truc, non ? La peur de l'étranger c'est vieux comme Erode. Depuis la tribu d'à côté
jusqu'aux Martiens ? Comme hélas je n'ai qu'un cerveau et pas un cabinet de ministre, faut que je trie tout ça tout seul et en plus je ne suis pas une machine enregistreuse comme Claude Guéant...
alors un à la fois, s'il vous plait !
Ne pas confondre internationalisme et mondialisme, la version capitaliste libérale, une réponse du berger à la
bergère dans le combat anti-bolchévique mené par la droite, depuis.... houlà, 1789 en faisant un raccourci osé et cavalier entre Révolution française et Léninisme. Les nationalistes étaient à
Valmy en 1792, ce sont eux les révolutionnaires. Les contre-révolutionnaires royalistes étant dans le paysage schématique d'une assemblée assis à l'extrême-droite. Au fil du temps, le
nationalisme révolutionnaire finit par se décaler et se retrouver à la place des réactionnaires. Ne pas confondre non plus avec l'identité nationale. Identitaires et nationalistes ne sont pas les
représentants de l'académie qui définira ce qu'est l'identité nationale ! A-t-on d'ailleurs besoin de la définir ? Et encore, l'identité nationale est-elle la préférence nationale ? Alors cette
réconciliation, est-ce maintenant l'union sacrée entre l'extrême droite et le nationalisme sous toutes ses formes, droite et gauche depuis le Front Populaire, ou avant ? La République, la «
Gueuse » étant toujours aussi infréquentable ? La réconciliation avec tous les nationalismes, donc.
Le communiste Doriot peut glisser et se retrouver fondateur du PPF. La fluidité politique existe et peut-être plus
particulièrement sur la thématique nationale. Qu'en sais-je ? Les rencontres communistes et royalistes peuvent donc exister. Alain Soral en a d'ailleurs fait les frais, puisque dans sa conférence
de presse sur son départ du FN, il regrette, (même si je le voyais depuis un moment) d'être devenu le faire-valoir de gauche de cette politique nationaliste aujourd'hui de droite. Ca va, ça suit
? Ou vous vous en foutez carrément ? Je continue...
Voyez que depuis bientôt deux ans je me suis « amusé » à creuser la question. J'ai voulu d'abord
comprendre ce qu'était la nation et le nationalisme d'aujourd'hui. Alors soyons clairs, nationalisme et extrêmisme de droite sont encore deux choses. L'extrême-droite en France représente au
mieux quelques pourcents. Quand le F.N. fait 17% ce n'est pas l'extrême-droite qui fait 17%, mais sur ce principe de fluidité, c'est un électorat qui bouge et qui se retrouve plus ou moins au FN
suivant les périodes. Le Président a été le premier, après Pasqua ou de Villiers, à ramener, à capitaliser ces votes « contestataires » vers une majorité, vers un projet électoral.
L'électorat populaire du Front a trouvé dans l'UMP une direction et aussi une décomplexion : France is back !
Alors pourquoi suis-je aujourd'hui membre du Parti Communiste ?
Le communisme d'aujourd'hui, je ne parle pas de celui de Staline, comme je ne parle pas du nationalisme d'Hitler,
le communisme donc, se doit de construire ce terrain commun de tous les Français, de créer des transversalités, vers d'autres couches et niveaux sociaux que la seule classe ouvrière qui est sa
faucille de lance. (?!?) Il ne faut pas être grand clerc pour s'apercevoir que les consciences de classe s'estompent ou du moins : on le fait croire. Du coup, la lutte des classes ne peut être le
simple chant révolutionnaire des communistes ou des nationalistes, d'ailleurs. Même si l'air est à l'insurrection, ou si du moins nous en prenons le chemin, le communisme doit être dans une
politique d'inclusion et non d'exclusion comme le nationalisme le défend. En fait communisme et nationalisme c'est exactement l'opposé, pourtant, on pourrait les croire identiques, comme le bon
sens populaire le dit. Voilà peut-être une des raisons de l'effondrement du FN aujourd'hui et de l'ancien effondrement du PCF. Peut-être ne bâtit-on plus un parti seulement sur une classe sociale
?
Si Doriot passe du PCF au PPF, on peut dire « mais le nationalisme inclut, alors », que ce
n'est pas un parti d'exclusion. Alain Soral (et je ne le compare pas une seconde à Doriot) nous en a montré les limites. Soral ne conduira aucune liste, dit-il « pour ne pas laisser
croire qu'il va à la gamelle ». On bride donc les idées de gauche. Il y a toujours, au FN, cette idée de contestation de la Gueuse qui date des contre-révolutionnaires, puis les
frustrations, les humiliations, enfin les déçus. C'est donc un projet en réaction, un projet réactionnaire que le nationalisme. Pour dire, l'électorat populaire s'est tourné vers l'UMP, vers une
politique libérale mondialisée. Elle peut encore se tourner vers le PS, ou le MoDem demain.
Bref, en ayant assez de me faire des noeuds, j'ai choisi, au pied du centre d'affaires européen de La Défense et
habitant la commune la plus riche de France, canton Sarkozyen, de rejoindre le PCF, section de Puteaux. J'ai l'air d'un Sancho Pança qui cherche son Don Quichotte. Voilà pourquoi ce blog se voit
doté d'une nouvelle catégorie et d'un nouvel en-tête : Les chroniques rouges.
Après le pourquoi je ne suis pas de droite en guise d'intro de ces chroniques rouges, je vais montrer durant les
articles à venir ce qu'est être de gauche anti-capitaliste au beau milieu du libéralisme atlantiste décomplexé. Evidemment c'est drôle. Le parti-famille qu'est le PCF a su accueillir un nouveau
camarade : Meliz ! Cacahuètes, olives, tucs et apéro, en guise de bienvenue au local de la section de Puteaux. Chez les cocos, on sait recevoir ! Ouais finalement c'est vrai que ça me rappelle un
peu ma famille aussi. Mon oncle de Colombes, sosie de Béru chez San Antonio chez qui on allait déjeuner le dimanche.
Ces chroniques rouges vont être riches en contenu, c'est le camarade Melizovsky qui vous l'diskaïa
!
On se lache