On pourrait être chez Moravia, on pourrait être n’importe où dans le monde, au Japon, à Rome,
dans un pays d’Afrique, à Montmartre ou à Montparnasse, ça ne change rien. On pourrait être en 1917 ou maintenant, aujourd’hui, ça ne change rien. Qui a peint ? Ça ne change rien non plus.
Une incandescence diluée à la térébenthine, une ligne japonaise. Ce peintre pourrait être Africain, ce modèle Egyptien, il n’y a non plus, ni lieu, ni temps et il y a un corps lascif. Pas de
mains qui cachent, qui montrent, et le regard est loin fixé à l’infini. C’est nous qui sommes gênés finalement, on nous jette en pleine lumière tout le rayonnement de ce corps. On ne voit plus,
on sent mille parfums. Un instantané, pas de souffre libidineux, en s’approchant du regard, on s’aperçoit qu’il est presque effrayant et de l’incandescence, nous passons au regard dilué, vide et
à un corps qui se tord, qui s’allonge, qui s’étire, comme quelque chose qui s’échappe, comme un courant d’air froid, on retourne sans cesse sur ce regard, on se pose mille questions finalement.
Est-elle bien vivante ou non ? On pourrait être devant une pose académique, et puis non, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond. Et puis nous ne sommes plus en 1917,
on ne s’attarde plus sur un nu. Que faudrait-il pour interdire un vernissage comme au
début du 20ème et saisir des toiles ? Peut être prendre le temps de peindre non plus
le « lascif » mais « l’inerte » et peindre enfin la mort elle-même !
Ce tableau redeviendrait le plus scandaleux, on interdirait l’exposition et l’artiste
redeviendrait la légende qu’il devrait être, torturé et bon pour l’asile… hmmmm c’est bon ça ! Le trait n’est pas repris et laisse ce coté instantané.
J’en ai encore une bien violente, si vous voulez. Modi et Jeanne, on sait comment «ça» a fini. Lui est mort à l’hôpital de la Charité qui se foutait bien de lui d’ailleurs, et
Jeanne s’est défenestrée le lendemain… Alors regardons encore le tableau, cet amour parfait que Modi et Jeanne vivent, cet amour va les détruire tout deux. N’y a-t-il pas une prémonition à vider
le regard du modèle et à le porter dans le vide de l’éternel et de l’infini ? L’amour parfait est dangereusement mortel ! Pour retrouver mon ton naturel et grivois, ce n’est pas une ode
pour dame seule qui se touche la mounette le soir sous la couette, ce n’est pas de solitude dont on parle, mais de néo-romantisme sur fond de maniérisme, d’art primitif
et impressionniste.
Là je ne plaisante plus, autant je sais faire le guignol dans mes notes que là, quand c’est
sérieux, c’est sérieux. Modi s’est d'abord cru sculpteur, s'est mis à peindre. Picasso et quelques autres lui ont dit : « Ecoute vieux, on veut bien te filer un coup de main, mais ta
peinture ne vaut pas un clou. » La critique et les institutions ont fini de lui faire barrage, et maintenant le populo s’accapare « Modi. » Ce n’est pas un révolutionnaire, c’est un peintre
populaire, et pour devenir populaire, « Modi » a trouvé ses visions non pas en achetant de l’art au marché du coin, mais allant chercher ses propres visions dans les bouges parisiens,
mais pas dans le malheur des gens, Modi n’est pas un voyeur de la misère ou un voyeur pervers de l’intimité de ses maîtresses. « Modi » traîne, rencontre, peint, en trois heures. On
pourrait essayer de décoder encore et encore pour se rassurer. La peinture est là, c’est tout ! Des madones au long cou, aux canons idéalisés, Modi détient sa vérité et sans compter sur
l’aide de l’Académie, il peint sa vérité.
Alors ? Ça vous a plu ? Ha non là, j’ai tout donné, attendez je ne suis pas un expert,
je fais avec ce que j’ai, c’est pas bezef comme on dit par chez nous. Franchement, ma version je la trouve trop forte, quand je me relis là, pour voir si j’ai pas fait plein de les fautes, comme
c’est beau ce que je dis. Il y a des passages tellement émouvants que je me dis, non c’est pas moi, c’est pas possible… Attendez un mec sans culture, avec rien de rien, pas une fac, pas un prix
d’art ou je ne sais quoi, sortir ça ? Je ne sais même pas où je vais chercher ça, pour vous dire ça me fait peur des fois, surtout quand je vous ai bien fait flipper avec le « ouf » qui
peint les morts, alors j’ai vu vous étiez blêmes, remarquez il y a des moments je me dis que ça tourne pas bien rond non plus dans ma caboche.
On va se détendre un peu maintenant. Il y a un pote d’une copine à Miss Marple qui bossait
sur un dessin animé qui devait passer sur la UNE, la chaine de Télé, ha bin là c’est sûr qu’on est détendu des neurones d’un coup. Donc, ce pote bossait sur le projet Boule et Bill, hé bin
le comité de censure a dit : « Ha non vous êtes dingue ou quoi on voit le trait des nichons de la mère et Boule on lui voit le nombril… Vous êtes dingues ou quoi ?» Alors, qu’on
crame des caisses, qu’on autopsie des cadavres pendant qu'on est à table, ok ! Mais pas le nombril de Boule, malheureux que vous êtes. Ils veulent nous faire croire que
chez Tf1 ils font de l’animation pastorale ou quoi ? Quoiqu’ils en sont bien capables ces cons là, enfin. Alors la censure, j’ai pas tout compris. C’est comme ils veulent. Liberté ? Moui
bien sûr ! Libéral, oui plus, oui ! Beaucoup plus, trop même à mon goût (Entre nous. Il parait que les gens la regardent de moins en moins la télé, hé bin c'est pas plus mal, parce que
quand on voit ce qu'on voit et qu'on entend ce qu'on entend.... Hé bin, on est bien content de penser ce qu'on pense)
Je reviens sur mon commentaire de la toile à Modi. Où est ce que je vais
chercher tout ça ? Tiens amenez-moi un paquet de biscottes ou un sac de plâtre je suis sûr que je vous trouve des trucs de dingue. Attendez j’essaye pour voir… heu biscotte ou
plâtre ? Heuuu la biscotte allez zou. Je fais pareil qu’avec le tableau de l’autre tsointsoin, je mets la photo dans le coin en haut de l’écran sauf que là ce sera trois
biscottes.
Houlà, po facile. Mais comme il est une heure du mat’ je finirai demain mon nanalyse de la
biscotte, paske là j’irais bien faire dormir mes neuneuils, c’est crevant la culture. Moi ça m’a vidé. Allez, à demain. Pour vous ça fait à tout de suite, mais en fait il se sera passé au bas mot
24 heures, dingue non ?
4 jours plus tard…
En fait j’avais des trucs à faire, alors bon, j’ai pas fini dans la foulée, et le paquet de
biscottes je me le suis bouffé, et puis HO ! j’ai fait plein d’autres trucs depuis, dont une séance d’enregistrement mémorable, qui méritera son petit article en temps et en heure. Je ferai comme
dans "Bel Ami", je changerai les noms, paske ça vaut son pesant de roudoudous… Sinon ça va, ça va, toujours dans la culture et la musique, et tout. Voilà, voilà, tout vieux, quoi, rien de neuf.
J’vais m’faire un p’tit film tiens, ho ouais, un truc bien tarte, ça va me faire du bien. Pas Arte ? Ho non hé, ca va 5 minutes, vous croyez quoi ? Parce qu’on est dans la culture et
tout on n’a pas droit à nos séries télé, nos films bien nanards et tout ? Vous rigolez ou quoi ? Tiens, l’article je le finirai demain, allez zou, un film. A demain je reviens….
2 jours encore plus tard.
Bon écoutez, celui-là j’arrive pas à le finir. Donc c’est pas la peine que je me fasse des
crampes, je le finis pas, un point c’est tout. Article suivant !
On se lache