Frederico Garcia Lorca
Marco Guidarini : copies conformes
Il y a bien longtemps que je n’avais pas causé culture dans ma ville. C’est en entendant Marco Guidarini chez Frédéric Lodéon sur Inter, faire la promo du festival de musique et d’art lyrique de Puteaux que cette fois ci, nous allons pouvoir enfin disputer la politique culturelle de la ville et nous croiser le fer à fleurets mouchetés pour cette fois. A trop railler qu’il n’y en a pas eud’la culture, on en voit sortir la queue d'une. Merci l’opposition et merci moi !
C’est la culture dans son plus simple appareil, dans sa plus simple mission patrimoniale, et aussi la continuité de l’imaginaire et de la pensée de la droite conservatrice nationale. Marco Guidarni, directeur artistique du festival et chef d’orchestre transforme Puteaux en ville du bel canto pour cette année. Un petit blabla bien ficelé autour de Bellini, d’ateliers, de concerts qui prennent pieds dans un socle patrimonial putéolien : Bellini l’incompris, (dans deux cent ans jouera mes œuvres melizo, l’incompréhensible) permet de trouver une raison, à la création de ce festival. Lorsque je parle de renouer avec le socle patrimonial de la ville, Jowelle, not' bon maire, prend un chemin parallèle et oublie que le patrimoine artistique et culturel est celui de l’avant-garde industriel et artistique. Une poignée d’anarchistes et de socialistes utopistes qui ont fait les belles œuvres d’un Puteaux inventif.
Marco fait le boulot, le bel Canto et le XIXçeme siècle. Ce XIXème siècle, c’est la mythologie de notre UMP d’aujourd’hui. Celui de la manufacture, celui des colonies, celui du par cœur de Jules Ferry. Un monde idéalisé sans lutte ouvrière, où les enfants travaillent, brûlent leur poumons mais pas les voitures, piske ça existait pas !
Une décomplexion révolutionnaire de la bourgeoisie du XIXème, moins de cent ans après le coup d’état de la bourgeoisie française. Le XIXème siècle c’est l’âge d’or du libéralisme. On oublie encore une fois les philosophes du libéralisme, du XIXème. On fait une encore coupe franche en refaisant et réécrivant l’histoire et les symboles on se les accapare. Notre président récupérant Jaurès, c’est énorme de décomplexion et de muflerie.
En saluant Bellini, la municipalité de Puteaux, par le professionnalisme de Marco Gudarni n’oublie pas de rendre hommage à la politique culturelle de Naples, celle de présenter une œuvre originale d’un étudiant prometteur. C’est grâce à cette coutume municipale que Bellini peut présenter Adelson e salvini, un opéra. A Puteaux nous aurons droit à une lyrique Academy, une façon de récompenser une forme musicale encore présente sous forme de tremplin communal. Fait ce vraiment partie d’une culture de notre présent ?
Marco est un malin et son projet est bien ficellé, je le redis, les transversales politiques sont justes.
Hier j’étais moi-même en répétition figurez-vous. On y jouait les pièces musicales de Garcia Lorca. Si Monsieur Guidarni lit mon blog et cette phrase je n’en doute pas, il comprendra la teneur de mon propos qui penche franchement à gauche. L’anticonformisme de Garcia Lorca face au conformisme émasculé du Xix ème qui perd son enveloppe charnel et fait retourner au rang du divin le romantisme comme une traduction à l’eau de rose de Shakespeare.
S’il faut inscrire une politique culturelle dans les pas d’une idéologie politique, Guidarni sert la soupe sans vagues comme Ivinek à l’ONJ. Une culture propre et sans vagues sans imaginations sans modernisations.
Et pour m’inscrire une politique culturelle. Garcia Lorca fut fusillé et jeté à la fosse commune par les anti-républicains, mais pas à Puteaux, rassurez vous bonnes gens, dormez, la ville est calme. Heureusement qu’en fouillant dans les tiroirs de notre patrimoine Bellini est venu finir de s’enflammer les intestins ici, sinon il ne nous restait pas grand-chose sur quoi s’appuyer. Mais monsieur Guidarni aurait trouvé Lully, compositeur du Roy, ou Edouard Lalo monarchiste, enfin pas grand-chose d’avant-garde en même temps.
A moins que ce ne soit simplement parce que Bellini a été décoré comme Marco, qu’il l’a choisit.
Hé oui Marco est décoré de la « Stella della solideiréta », l’ordre national du mérite italien. Il aurait été étonnant qu’un gouvernement nationaliste récompense un citoyen émérite de l’ordre national du Hasard, par contre celui du mérite, ça n’a pas fait un pli. Marco qui est chef d’orchestre se retrouve transformé en instrument… Politique !
C’est ce qui nous pend au nez ici ! L’ordre national du mérite pour tous, ou presque et ceux qui n’ont rien l’auront bien cherché. Malades, chômeurs, suicidés, ce sera de votre faute et pas de celle du Mérite : ALORS !
NO PASARAN !
Asturias
On se lache